La montagne et le peintre

La montagne et le peintre
Il est assis sur son tabouret à l’ombre du pin parasol.
Devant lui, la montagne Ste Victoire
Tant de fois il a voulu la peindre, reproduire la majesté, la douceur abrupte, la finesse du
ciselé de la roche.
Tant de fois il est venu tôt matin pour l’apercevoir s’éveiller au soleil naissant, la silhouette
de la nuit chassant les cauchemars.
Tant de fois il a admiré l’aube la revêtir de douces couleurs, rosir ses flancs, entrelaçant
ombre et lumière dans les interstices des rochers.
La montagne, sa montagne,
Il l’a gravie au travers de sentes empierrées et envahies de broussailles pour là-haut se
désoler : « Ici je ne la vois plus, c’est en bas que l’on admire la reine, c’est en bas qu’on lui
fait sa révérence ».
La montagne, sa montagne,
A chaque moment du jour elle joue de ses parures, elle apprivoise le nuage et la brume, elle
fume et souffle des cumulus et elle secoue sa chevelure dans le bleu du ciel.
Au pic du soleil elle s’abrutit de la chaleur, écrasée de la touffeur de l’air elle s’allonge
languissante et toute amollie mais bientôt le vent la rafraîchit d’un sourire.
La montagne, sa montagne,
Vivante, changeante, souriante, ombrageuse parfois, son amante qui tient le fil de sa vie.
Elle dessine pour lui le trait de l’horizon.
Jamais il ne s’en est éloigné, petit enfant apeuré de perdre sa matrice, son refuge.
Il la touche des yeux, sa rétine enregistre chaque détail, il respire son odeur minérale.
Il caresse ses courbes, s’accroche à ses à-pics, s’enroule dans ses falaises.
La montagne, sa montagne
Il en meurt de ne pas l’aimer davantage, de l’aimer trop.
Il meurt assis à l’ombre du pin parasol face à sa montagne.
Ste Victoire s’endeuille de voiles de brumes pour un adieu au peintre.

 

Le fil du temps
Tu le prends doucement dans sa naissance.
Tu flirtes avec la douceur tranquille.
Tu gravis la pente, tu as peine à monter.
Tu oses, tu veux arriver là haut.
Tu es là haut et tu domines le monde.
Tu portes tes yeux au-delà de ton horizon.
Tu redescends doucement
Tu es bien tu sais où tu es.

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