Il a gagné, Pourquoi ? Pour qui ?… par Sophie Chapelle

Il a gagné, Pourquoi ? Pour qui ? A quoi cela lui sert-il ?Un personnage, un lieu, une espérance à gagner

1er chapître
Gabriel et sa compagne Yvi se sont rencontrés dans un magasin spécialisé, grossiste en nourriture animale. Gabriel est venu voir comment nourrir ses 2 husky, Tom et Bella, à un coût moindre qu’actuellement, car avec sa pension d’adulte handicapé, il a du mal à gérer son budget Lui aussi mange, il est diagnostiqué par le jargon psychiatrique : obésité morbide. Il mange. Pizzas Nutella sont ses principales sources de protéines, minéraux, vitamines…5 pizzas par jour et un pot de nutella tous les 2 jours. Il cherche donc des croquettes « pas chères »Une aubaine ce magasin petfood. Une aubaine de tomber sur Yvi, là avec sa copine, maigre venue chercher les boules de graisse d’hiver pour les moineaux de la ville. Pourquoi cette rencontre ? Gabriel porte une belle barbe bien entretenue, un bermuda ample et un tee shirt noir bien sûr, ah ce noir, couleur amincissante par excellence. Mais il a surtout des yeux bleus, presque transparents, c’est la même couleur d’yeux que ses chiens qu’il emmène partout. Sans rire, il ressemble à ses chiens, bien entretenus aussi, il les tient en laisse, deux laisses rouges, qu’il laisse courtes, les deux chiens tirent, leur force multipliée par deux vaut la force de Gabriel. Il est bien planté sur ses deux gros mollets, poilus et il les tient, il les bride plutôt, comme lui-même est bridé par son poids. Yvi, ne voit que ses yeux bleus, agates sans vie, presque transparents, comme aimerait sans doute être Gabriel. Il parle doucement à ses chiens, ne se fait pas remarquer, gommer la masse qu’il représente lui et ses chiens par le timbre doux de sa voix, quant à ses chiens, ils n’aboient pas. Quand Yvi et Gabriel se regardent, chacun est envahit par l’espérance, le coup de foudre.
2ème chapitre
Yvi est une charmante jeune femme, on dit d’elle qu’elle est gironde, elle travaille dans un grand super marché, sur la route d’ Audierne. Ses journées sont rythmées, levée à 5 h, partie à 6 h, la route tous les jours, une bonne vingtaine de kilomètres. Retrouver l’équipe du matin, entamer le remplissage des rayons, elle est dans l’équipe « frais  et surgelés » tous les matins, les mains rougies, la goutte au nez, le bonnet vissé sur ses cheveux bruns et longs. C’est lourd, c’est froid, mais c’est son métier, et elle le fait bien. Vérifier les dates de péremption, les prix, faire de la place pour les nouveaux produits, les petits pots, les grands pots, les barquettes, les blisters, tout un jargon technique dans le rayon frais et surgelés. Aujourd’hui, c’est son jour de congé, alors elle a retrouvé sa copine et les voilà dans ce grand magasin de nourriture pour animaux, Yvi aime les grands magasins ! Elles font tous les rayons curieuses de tout, les nichoirs, les poufs pour les chats, les cage à hamster et cette odeur de graines, de foin, de litière, ça change des surgelés, il ne fait chaud non plus ici, c’est un hangar, il n’y a que les caisses qui soient chauffées par une barre de chauffe. En été, c’est aussi une barre de chaud, mais pour faire griller les mouches qui s’en approchent. Ca crisse en permanence et les mouches cuites tombent sur le sol, pas terrible à entendre ni à voir.Tandis que la copine est dans le rayon dédié aux oiseaux, elle baguenaude de ci de là, et se retrouve face à Gabriel, ses yeux bleus et ses chiens.
3 eme chapître
C’était il y a 4 ans maintenant, cette rencontre, cet espoir, cet élan, Yvi n’en a su que faire, ils se sont fait des politesses pour se croiser, pardon à droite, pardon à gauche, pardon en face, un petit sourire gêné, le coeur qui bat dans ses oreilles, elle ne sait plus quoi faire. Sa copine arrive, ne voit rien elle, et appelle Yvi, elle a trouvé les boules, les secoue au bout de ses bras maigres , maigres et l’emmène vers les caisses. Les chiens Tom et Bella se sont retournés sur les filles, Gabriel est resté planté devant les croquettes, zut il a oublié le caddy, il se dirige vers les caisses pour trouver un panier, et revoir Yvi et sa copine avec ses boules de graisse. Quelque chose remue en lui, et ses yeux bleus, comme des agates transparentes, s’allument. Un nouveau petit sourire gêné, elles sortent du magasin, il prend son panier et retourne dans le rayon de croquettes pour chiens. Mais quelque chose est là, qui s’est installé, c’est flou, c’est mou, ça flotte, c’est l’espoir, dans ce grand magasin l’espoir l’a gagné.
4 eme chapître
On est dimanche, c’est l’été, Yvi a été invitée par une collègue à fêter son anniversaire, elle et d’autres de l’équipe des frais et surgelés, il y a son chef, Patrick, le grand brun qui se rase la tête, qui court à pieds, fait du vélo, bref tout l’inverse d’Yvi, grand et sec. Sympa aussi, il a un fils ado rigolo qui adore faire la cuisine.
Patrick a emmené son copain Gabriel, flanqué de Tom et Bella, les huskis.
Les saucisses crépitent sur le barbecue, les chips sont à l’honneur comme toujours, des pots de moutarde, de sauces, de ketchup, des cornichons, des tomates cerises, les assiettes en carton, les verres en carton, le rosé en cubi, tout est là, la grande banderole « joyeux anniversaire » les ballons.
Il y a du monde, c’est plein de jeunes gens qui discutent, trinquent, parlent boulot, remplissent leur assiette de la salade de riz, de pâtes, de pommes de terre. Et ce pâté, hum il sent bon, c’est du pâté de lièvre, un produit phare du rayon charcuterie.
Si dans votre imaginaire vous savez que Gabriel et Yvi vont se revoir, 4 ans plus tard, alors que rien dans la vie de chacun n’a changé, si tout de même, Yvi a emménagé au premier étage d’une résidence, elle a acheté son appartement, aux enchères ! Elle a tout repeint, avec sa copine maigre maigre, son chef Patrick qui, hasard total, vit au dessus de chez elle, dans la même résidence.
Et bien vous avez raison, ils vont se revoir, se reconnaître, l’espoir qui les avait gagné est là, ils se regardent, les chiens retiennent leur souffle… la couleur des laisses est verte maintenant, toujours tenues courtes.


Négliger ces 4 dernières années de la vie de Gabriel serait insensé. Il a vécu un grand évènement, de ceux qu’on ne renie jamais , il l’accompagne, il suit ses pas, il l’observe, il grandit, mais il ne tient presque pas de place, tout le contraire de lui, et pourtant il y tient comme aux prunelles de ses deux yeux si clairs, désormais toujours brillants.
Partager cette immense nouvelle n’est pas pour maintenant, sa fragilité, sa bouffissure, ne laissent pas imaginer que lui aussi, lui surtout serait « devenu » , il reste donc de lui cette même image que Yvi a soigneusement conservée, ses yeux à lui, les yeux de ses chiens et cet espace imposant qu’il remplit et cette voix qui fait tendre l’oreille pour l’entendre.
Nouveau décor : brise légère d’ouest, ciel dégagé, soleil tendre qui floutte les contours les arbres,
des maisons alentours, c’est le printemps breton, celui qui donne aux couleurs le don de guérison
sur des âmes abattues par un chagrin, celui qui nourrit les corps consumés par les peines.
tendresses de verts pales encore, les bourgeons jaunes frissonnent sous la fine pellicule de feuille
qui les protègent si peu.
Attabler tous les deux,, enfin tous les quatre, Tom et Bella sont avec eux. Ils ont eu leur moment de gloire comme chaque fois qu’ils arrivent quelque part, de si beaux chiens,, si sages, si silencieux – la particularité du husky est que sa force a presque éteint sa voix, il n’aboie pas, il respire, il ne tire pas la langue, il remue sans cesse la tête, dans sont pays natal il tire le traîneaux sous la tempête de neige, ici en bretagne il tire sur la laisse, c’est tout. Ici on les regarde pour leur pelage, dans leur pays on les regarde pour leur attelage, c’est donc une rime.
Regardé : Gabriel est donc le dernier à l’être mais il en tire une grande satisfaction car il est regardé dans un tout, un ensemble, pas comme une exception humaine frisant le monumental.
S’aimer, ils vont s’aimer, tranquillement, une vie simple en apparence, ni ordinaire, une vie bien
réglée, ni routinière, car Gabriel a gagné, il est devenu Papa, les 4 ans qui ont séparé Yvi de
Gabriel du coeur de l’amour, c’est le contour d’un amour soudain et éphémère et qui lui a donné une jolie petite fille, c’est cela son gain, sa toute petite fille, si fragile . Elle porte en elle un gène qui gène sa croissance, une maladie qui porte un nom que Gabriel ne retient pas, elle reste petite, elle ne parle pas, elle ne grandit pas, elle sourit, elle est toujours habillée de rose, elle a deux grands yeux bleus, qui lui prennent tout le visage. Gabriel a présenté sa toute petite fille à Yvi qui a été émue de ce si menu petit être, elle n’en revient pas, Gabriel est si prévenant, dans ses grands bras, sa toute petite fille sourit, quand il l’a pose entre Tom et Bella, elle sourit, elle rit même que ces deux grands nigauds de chiens soient aussi pétrifiés par sa petite taille.
Depuis un mois, Gabriel à force de persuasion, a gagné la droit de visite de sa toute petite fille, son coeur a été remplit d’une telle joie qu’il a perdu du poids, il gagne la vie, il gagne la santé, il gagne la confiance de Yvi. Elle osera certainement fonder une famille avec Gabriel.
JEU
Dansez votre vie amoureuse, dansez sur vos rires .
Qui dans votre entourage, pillerait, volerait, chaparderait un instant de bonheur ?
Un bonzaî a planté ses racines, haute et droite sera la cime.
Les années à venir auront autant de jours que les éphémérides.



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La cantatrice

Par ce temps gris de fin janvier où l’orage s’invite l’après-midi alors que personne n’y tient, j’imagine un récit dont le sujet, la cantatrice, ne va pas faciliter l’espoir d’une fin de journée dominicale tranquille. 

Cette drôle d’époque quelquefois considérée mais dorénavant respectée, borde aussitôt le récit tangible et modéré de la carrière d’une cantatrice disons : caprichieuse pour parler poliment.

Aiguillée dans une zone d’abonnements enfin rentables, tout à coup enfumée de nuées roses soudain éclipsées dans cette grange – monument désormais où la réussite vocale défendue par de puissants magnats qui dans un ailleurs ne serviraient que de dissolvants aux ongles de pieds – cette austère star caresse  cette épave, sa voix.

Loin des sons ivres, guère classiques, la fugacité de son timbre autrefois volontiers falsetto, s’éteint dans le silence sans doute détonné, d’une gamme pourtant joyeusement tintinabultrice. 

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