On obéit par Boum

Hey petit, t’as pas oublié c’que j’t’ai toujours dit ?
Rabâché. J’t’ai dit d’obéir, t’as pas l’droit d’faire c’que tu veux !
T’as pas les « brains » qui faut pour ça, t’es qu’un bon à rien, t’sais pas ?
Y’a ceux qui savent, qu’ont appris, qu’sont là, tu sais : là où tu peux pas aller ?
J’ai beau parfois même te tabasser, t’entends rien à ça, t’y va !
J’t’enferme, j’te surveille, mais quand j’dors, tu te tailles !
Alors même qu’tu sais qu’tu recevras ta branlée dès que j’t’aurai sous la main.
Moi, j’obéis. On me dit c’que j’dois penser. Ça m’repose.
Tous on fait ça, on s’tient tranquilles, on attend qu’ça passe.
Si un déconne, on l’remet dans l’droit chemin, vite fait, bien fait.
T’as pas intérêt à déconner, sinon j’fais appel à la bande. J’ai trop mal aux mains.
Ils sauront bien te mater, l’on bien fait avec Maxime, l’ont bien amoché l’gosse.
Pas à pas, petit à petit, tous sont rentrés dans le rang, comme ça.
On n’a rien permis, rien admis, à la moindre incartade, on réduit en marmelade.
On r’cule pas, on a des bras, c’est pour s’en servir.
D’ailleurs on n’a qu’ça, not’ cervelle c’est du gras.
Comme des p’tits gars bien matés, bien dociles
Comme des nano cerveaux montés sur des bras bien musclés
Comme des types bien armés, bien ravitaillés
Comme des gens qui savent bien la place qu’ils doivent tenir
Hey mioche, obéis, on te l’répète, ça d’vrait commencer à faire son chemin dans ta tête !
Et quoi, t’as les circonvolutions pincées, ça circule pas dans tes méninges ?
J’te tape, j’te fais monter l’sang mais ça coince là-haut, ça cogne dans l’crâne ?
Et quoi, tu cries, tu m’dénonces, mais qui t’percute : personne !
C’est ceux du foyer qui t’mettent de drôles d’idées en tête ?
Ils te disent de pas t’laisser faire, qu’tu finiras bien par v’nir à bout d’nous ?

Mais on va les faire plier, vont bouffer la terre, s’casser les dents.
C’est nous les brutes, on obéit, on fait respecter l’ordre.
Tu commences à m’gonfler, ça suffit tu vas te taire, gredin !
Tu m’bassines avec les indociles d’en face.
Finiront bien par comprendre que seule la force compte, pas la bien-pensance.
Quand y auront bien morflé, qu’ils s’ront vidés, qui z’auront plus d’souffle
que, pas à pas, petit à petit mais à grands coup d’lattes on les aura brisés
qu’ils z’auront plus rien : ni bouffe, ni chaleur, ni toit,
quand ils z’auront enfin saisi c’qui est bon pour eux, pour leurs mioches
on pourra les achever, car ils sont cuits à l’os, des nids à infection.

Comme des p’tits génies qu’ils croient être
Comme des faiseurs d’embrouilles
Comme des empêcheurs de tourner en rond
Comme des saintes nitouches auto-proclamées
Comme des emmerdeurs qu’ils sont
Comme des idiots aux intérêts mal compris
Comme des faiseurs de croche-pieds
Comme des ventres mous non-violents,
pacifiques, respectueux des différences
Comme des pantouflards en robe de chambre
Comme des adeptes des 23°C et de la bouillotte
Comme des sniffeurs d’huiles essentielles
Comme des porteurs de foulards aux poumons délicats
Comme des inquiets d’la vie, d’la mort
Pas à pas, petit à petit, on va en débarrasser la société :
bande d’inutiles, d’assistés, de planqués !
On va épurer, y’en aura plus un pour nous faire d’l’ombre

purs, des purs, des nous, des durs, des obéissants !
Faut pas leur laisser gagner un millimètre de terrain à tous ces réfractaires !
Pas à pas, petit à petit, tu vas comprendre petit, j’sais y faire moi !!!
J’sais c’qui est bien : s’est obéir et faire obéir les autres !
Du haut en bas, jusqu’en bas, jusqu’à toi qui résistes et que je dompterai.

Boum d’après Duval Mc (« On désobéit »)

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