un souvenir Par Sophie Chapelle

Bonsoir,r qui est revenu

 Il y a quelques temps maintenant, avec ma tante et mon oncle, ceux de Metz, nous étions partis visiter un château. Un château dans l’est, j’avais déjà une vingtaine d’années, nous étions beaux, jeunes, optimistes et désireux d’en connaître un peu plus sur le patrimoine de la région. Mais voilà, vous dire de quel château il s’agissait, fît du patrimoine, mot d’ailleurs que nous utilisions peu à l’époque, les années 80.

Le groupe se forme, quelques touristes allemands, pas d’enfants , quelques nouveaux retraités bref, du beau monde, en été, en short, en bob et en tongs, je me souviens de beaucoup de couleurs, bien criardes, des tongs aux bobs mais en sens inverse aussi, c’était très gai.

Et nous voilà, en haut du bel escalier monumental en pierres, nous dirions que nous étions sur le palier, derrière nous, le parc, devant nous ce que promettait un château en cheminées, portraits de dynastie, rideaux lourds, papiers peint fleurs et oiseaux de paradis.

Nous attendions le guide.

La porte s’ouvre sur le guide : casquette informe, gros nez, bleu de travail d’un mécano, clop au bec, mégot plutôt oui c’est bien cela un mégot informe, jaunâtre. Avec ça un accent de l’est très très prononcé.

C’était la première fois que nous étions face à ce genre de guide, ça nous a fait de l’effet.

Nous ne nous sommes pas regardées ma tante et moi, nous savions qu’il ne fallait pas que nos regards se croisent, mais le mari de ma tante lui ne savait pas qu’il ne fallait pas se regarder. Aussi le voilà qu’il tourne la tête vers nous et chantonne un « héhéhé » approprié.

Le guide ouvrait la bouche et son clop restait collé à la lèvre du bas, il remuait tout le temps, tremblait, le clop passait de droite à gauche et de gauche à droite jamais tranquille, tel un chewing gum, on ne savait s’il était éteint ou allumé, mais il remuait tout le temps, ce truc pendu, et cet accent, on ne comprenait rien, mais rien.

Puis tout doucement, toujours sans nous regarder, le sourire nous est venu aux lèvres à ma tante et à moi, puis nous avons mis la main sur notre bouche, nous avons baissé le regard sur le bout de nos tongs. Bonnes élèves, nous étions devant le guide, qui restait planté là devant la porte sans nous faire entrer, il baragouinait, et on regardait ce clop, obnubilées par le clop.

Puis le fou rire est arrivé, incontrôlable, et pour nous dégager de ce mauvais exemple que nous donnions, nous avons commencé à reculer, de devant nous sommes passées au milieu du groupe, en marche arrière et en rigolant, puis derrière le groupe, toujours en marche arrière, en nous tordant puis nous avons descendu les marches, en faisant le moins de bruit possible, puis nous avons été rejointes par les gens du groupe qui s’étaient retrouvés sous le nez du guide, qui rigolaient, puis nous étions en bas des marches, reniflant, tordues, et les autres qui nous rejoignaient en fur et à mesure, hilares, nous étions tous hilares, et le guide qui regardait tout ces touristes déserter le perron, se grattant la casquette et mon oncle qui faisait « héhéhéhé ».

Au bord de l’incontinence, on riait, mais on riait, on s’essuyant les yeux, et puis nous sommes partis dans le jardin, dans un fou rire indescriptible, tout le monde riait de plus en plus fort, les couples d’allemands ont été les plus longs à nous rejoindre mais quand ils ont démarré, ce fut le délire !

Bonnes fêtes à tous.
Sophie 

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