Théo de Françoise Congar

Théo

Il était une fois un petit garçon prénommé Théo, il vivait heureux dans sa grande maison aux verres cathédrale. Sa maman était la directrice d’un grand hôpital, son papa restait à la maison avec lui pour l’aider à grandir. Ses deux parents le choyaient énormément, il obtenait tout ce qu’il souhaitait, les plus beaux jeux, les plus beaux habits, les plus délicieux des gâteaux et mille confiseries sucrées. Il réclamait encore plus de nougats, de calissons, de berlingots, de choux à la crème, de mille feuilles, de babas et de kouign amann. Il les engloutissait jusqu’à s’en péter la panse. Le jour de ses dix ans, Théo, qui ne pouvait plus depuis longtemps grimper les escaliers ou courir avec les copains dans les rues du village, tomba malade. Les plus grands spécialistes de l’hôpital de sa maman se penchèrent sur son cas. Le verdict fit consensus. Il fallait que Théo quitte ses parents et réside pendant trois mois chez Merlin, « l’homme aux oiseaux » qui vivait en lisière de la forêt de Gomene.
 Merlin était un peu mage, un peu sorcier, c’était surtout un vieil homme d’une grande sagesse. Il accueillit Théo et se chargea de le mettre sur le chemin de la guérison. Théo qui ne connaissait que le sucre de la gourmandise dévora des gamelles de soupes aux champignons, des gratins de blettes, et des salades de pois gourmands. Il marchait dans les bois avec Merlin, observait le repas du faon, cueillait l’oseille et les carottes sauvages, comptait le nombre de pinsons dans les chênes pédonculés, grattait la terre dans le potager et épluchait des légumes. Sa transformation fut rapide et heureuse. Un jour Merlin lui dit: « voilà trois mois que tu vis avec moi, tu es guéri à présent, tu es un petit garçon vif et curieux, tu as appris la leçon de la nature. Tu vas grandir dans le respect de ton environnement parce que tu as La connaissance. Pour rentrer chez toi, et retrouver ta maison aux verres cathédrale, tu suivras la ligne des collines, elle te mènera au village. Pour ton voyage je t’ai préparé trois objets, ils te seront utiles ne t’en sépare pas.» Dans le baluchon, Merlin avait posé un sac de graines, un seau, une grille et un cake au thon pour son repas. Théo se retourna une dernière fois pour saluer Merlin et encombré des cadeaux du mage descendit jusqu’à la vallée de la serpentine. Il marchait depuis plusieurs heures et sentait venir la morsure de la soif. Les bois s’estompaient derrière lui et Théo retrouvait des paysages de bocage. A la sortie d’un chemin creux il trouva une fontaine. Hélas l’eau de cette fontaine ne coulait plus. 
 – Fontaine, pourquoi l’eau ne coule plus
 – Hélas petit, la rivière n’a plus la force d’arriver jusqu’ici.
Théo contourna la fontaine pour remonter le lit de la rivière. Il comprit très vite ce qui clochait. Des mousses vertes s’étaient amalgamées de part en part et bloquaient le flux de l’eau. Il se mit à récurer la rivière en amassant les mousses vertes et gluantes dans son seau. Enfin, il installa une grille toute fine à l’arrivée de l’eau de source. Il remonta le cours de la rivière et découvrit sur sa gauche l’entrée d’une ferme. Après la boîte aux lettres il s’avança directement vers la grande demeure. Il distingua une silhouette, s’approcha et frappa au carreau.
« Paysan pourquoi les mousses envahissent-elles le lit de la rivière ? »

« Petit, pour faire croître le blé américain, celui qui pousse vite et produit de la farine blanche, il faut des engrais. La terre de mes champs ne connaît pas cette graine modifiée et sans engrais chimiques refuse de pousser. Les pluies transforment ma terre en coulées de boue qui envahissent la serpentine. » Théo remit au paysan le petit sac de graines que lui avait confié le mage. Puis il s’assit sous un cerisier sauvage et réfléchit à tout ce qu’il avait appris. Il déballa le cake au thon et cueillit pour son dessert une poignée de cerises.
 Il était maintenant en vue de son village. Il se dirigea vers la boulangerie 
« Boulanger pourquoi ne pétris-tu pas le seigle, le maïs, l’épeautre, le lin? »
« Petit, si je cuisais des pains de seigle ou de petit épeautre, je perdrais tous les clients. Les gens sont pressés ils ne veulent pas attendre que la pâte soit pétrie, que le pain soit cuit. La farine de blé du paysan donne un pain blanc vite pétri, vite cuit. »
Il était difficile de contraindre le boulanger de varier ses farines et d’utiliser la farine produite avec des semences locales. En rentrant chez lui Théo cherchait une solution pour convaincre les gens du village de revenir à des produits plus naturels. A la maison, il se jeta dans les bras de ses parents qui l’accueillirent avec soulagement. 

« Théo, dit sa maman, il faut que tu nous donnes ton secret, à l’hôpital sévit une épidémie, on l’appelle la maladie du pain blanc. Les gens grossissent, tombent malade, font du diabète, de l’hypertension. Toi qui est guéri, dis-nous ce que nous pouvons faire… »

C’est ainsi que Théo devint conseiller en diététique pour tous les malades de l’hôpital. Le boulanger s’adapta à la nouvelle demande et prit plaisir à varier les farines. Le paysan oublia le blé américain et cultiva quelques variétés oubliées. La fontaine retrouva une eau claire et potable.
Trotte trotte petit boulanger

Mon histoire est terminée !

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