Pois souriant 2035 par J H

Pois souriant 2035

Grâce à la géniale fabrication du virus « pois souriant 2035 », la population de la Terre ne comptait plus, dans les années 2050 qu’environ un milliard d’habitants, tous portés vers un but ultime : Rendre à une planète à bout de souffle son éclat d’antan.

N’imaginons surtout pas un monde de « Bisounours » où quelques super cool vachement sympas, fleurs dans les cheveux et robes longues en coton biologique, vivraient dans des yourtes de pure laine tout en cultivant « le légume oublié » !

Non, les habitants de la planète bleue, enfin responsables, durent tous travailler d’arrache-pied afin de remettre la planète sur de bons rails. Les principes au cœur de cet élan s’appuyaient sur la tolérance, le respect mutuel, l’ouverture d’esprit et surtout une parfaite égalité entre tous les êtres vivants.

Il fallut tout d’abord réussir à se faire comprendre de tous, du moins par l’esprit si ce n’est la parole ; ce qui fut fait, sous la forme d’un langage commun, situé entre le Volapük intégré, l’Espéranto et le bruissement du vent dans les branches de sassafras. Inhalé par tous, animaux comme humains, ce langage permit d’écouter tout un chacun …

Prenons l’exemple des bovins, longtemps malmenés dans des élevages intensifs et qui purent enfin s’exprimer :

Les vaches à lait déclarèrent tout de go qu’elles souhaitaient ardemment choisir le taureau ou la vache de leur vie, réguler les naissances de leurs veaux et demandèrent à être partie prenante de leur existence, soit bien vivre et mourir de vieillesse, soit être découpées en steaks selon affinités.

Ainsi vit-on se promener pattes dessus, pattes dessous, des couples de bovins improbables, comme cette adorable Jersiaise  accompagnée du plus nerveux des taureaux de Camargue, ou cette jeune « Pie noire » et son amoureuse, la « froment du Léon », ou encore cette Limousine à la robe rousse et son mâle « Abondance ». Tout ce petit monde souhaita dormir ensemble

« Dans un grand lit carré (bis) Couvert de paille fraîche lon la (bis) Aux quatre coins du lit (bis) Un bouquet de pervenches lon la (bis)

Et foin odorant au petit déjeuner bien entendu … Les laits en devinrent crémeux, fleuris, à mille lieues des fameux tanks à lait, les Prim’ Holstein qui furent mises à la retraite.

Nos plus proches cousins, les porcs, abondèrent en ce sens : « on veut vivre librement, sainement et choisir d’être ou transformés en boudins et autres andouilles … ou rester auprès de nos familles ; nous désirons être reçus dans les abattoirs accompagnés d’une musique de circonstance, un Requiem par exemple, puis mourir dans la dignité, sans douleur, après avoir siroté un dernier verre … tout en écoutant l’histoire des trois petits cochons ». La poule devint la reine des jardinets, ce qui datait déjà des années 20, où chaque bobo s’extasiait devant l’œuf frais du matin ! Accompagnée de son compagnon le coq, pondant, fouissant, couvant, chantant à tue-tête sa joie d’être au monde. Même l’œuf eut son mot à dire : il avait loisir de choisir entre devenir poussin ou d’être battu en omelette !!

Il va sans dire que les humains ne mangeaient plus d’enfants d’animaux, agneaux, porcelets ou veaux …. De plus, les humains, devant tant de bonheur animal, s’engagèrent à plus de flexitarisme, réservant la poule au pot aux dimanches, le steak aux fêtes mondiales.

Quant aux animaux de compagnie, domestiqués depuis la Préhistoire, ils continuèrent à vivre aux côtés des hommes. Moins nombreux, cependant, contraception recommandée, ils furent plus choyés, bien élevés, moins abandonnés … Ils avaient aussi leurs propres revendications, demandant nourriture de qualité, locale et de saison, comme ses « amis » les hommes. Adieu croquettes industrielles, petits manteaux en faux tweed et petits nœuds-nœuds et palmiers sur la tête !

On vit même parfois des excès, comme ce chien menant p…..r son maître qui portait le collier à grelots, Milou tenant le bout de la laisse… Ces chers petits animaux purent aussi choisir l’élu ou l’élue de leur cœur et faisaient coussin commun !

Ainsi allait le monde, qui, peu à peu retrouvait ses esprits … Dès la fin de ce siècle, la situation sembla enfin se stabiliser … Le réchauffement climatique s’était inversé, les saisons avaient retrouvé leurs repères d’antan … Les animaux sauvages respiraient, les oiseaux du ciel migraient, remigraient, les bêtes à fourrure se reproduisaient à l’envie. Quant aux abeilles, c’était une joie de les entendre voleter de fleur en fleur que l’humain, enfin, laissait prospérer.

Le système politique fut rénové de fond en comble …. J’arrête là, je ne veux pas gaver les lecteurs.

Joëlle 11.12.2020.

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