LE DANGER de Françoise Macy

Nichée au milieu de la forêt, la cabane en bois abrite ses mystères. La porte sculptée de personnages mythiques semble tenir dans les bras de deux immenses chênes. C’est un lieu inédit et apaisant, on y accède par un pont qui franchit une rivière.

Vit là depuis trente ans un vieux philosophe. Il a décidé que le monde actuel n’était pas fait pour lui. Entouré de ses livres, il avait compris que les réflexions philosophiques s’adaptent mieux à la nature pleine et entière. Ce n’est pas pour cela une vie d’ermite, les enfants du village l’adorent et lui rendent régulièrement visite. Il n’accepte que leur compagnie. Il a un faible pour un petit bonhomme, timide et fragile, prénommé Pascal. Un nom prédestiné vu ses questions existentielles. Le vieux philosophe le prend en affection. Pascal est de plus en plus présent jusqu’au jour où il n’apparaît plus.

La rivière a débordé et tout inondé. Le vieil homme se trouve isolé du monde. Ses affaires au rez de chaussée flottent, mélangeant louches,marmites,et canapé du salon. Il tente avec un filet à papillons de récupérer son sac, dans lequel, crayons et derniers écrits paraissent à l’abri. Il parvient, en se frayant un chemin parmi les couteaux, fourchettes, brosses à atteindre son carnetde notes. Un de ses vieux coffre, contenant ses livres d’auteurs préférés : Pascal, Spinoza, Descartes, Montaigne entre autres, lui barre la route pour accéder à la table. Il pourrait y grimper et atteindre la fenêtre. Il fatigue, ses jambes faiblissent.
Il a réussi ! Enfin dehors ! La rivière est devenu torrent, tout est dévasté. La brouette, les pots, côtoient les coussins, chevet,et tabouret. Un désastre ! Prêt à renoncer, il aperçoit l’ échelle, son salut ! Saisissant un bâton,pour écarter les branches et détritus, il parvient à se hisser le plus haut possible dans le chêne.

Assis sur une fourche, Pascal lui sourit, de ce sourire d’enfant comblé.

  • Je vous attendais, dit-il. Je savais que vous viendriez !
  • Cela vaut bien une pensée, ne crois-tu pas ? : «L’homme se doit d’être le gardien de la nature, non son propriétaire»
  • C’est beau et juste, répondit Pascal

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