Jean Pol et la sirène de J.Hache

Jean Pol et la sirène

Sur une plage de sable fin apparaît Jean Pol le Poulpe, petit-fils de Paul, connu pour son «Lesconil-Rungis » et retour en compagnie du routier Robert Colin qui deviendra son ami.

Au loin miroite l’infini de l’Océan … Au-dessus de la laisse de mer, assise sous un tamaris fleuri, une belle jeune fille attire l’œil bleu du jeune poulpe. C’est instantané, fou … Jean Pol tombe en amour de cet être penché sur un gros livre rouge et or; de longs cheveux clairs ondulent dans la brise légère, de longues jambes jouent avec le sable pailleté …

Comment faire afin d’attirer l’attention, afin de communiquer? Faire le mort à l’instar d’une vieille bûche échouée, devenir musicien en sortant une cithare voire un accordéon qui ferait danser la jeune fille ? Il aimerait tant sortir une théière de porcelaine de Chine afin d’offrir à la belle une boisson chaude … Son petit cœur de poulpe va exploser, il devient cocotte-minute, la pression monte ! Et c’est ainsi qu’ il entre dans un délire onirique, où il monterait à bord d’un char ailé se posant sur la branche basse du tamaris rose … songeant aux contes du grand-père, il chevaucherait un balai afin d’emporter la belle … Il la transporterait au fond de l’océan, dans cette anfractuosité de la roche , il allumerait la lampe d’ambiance, déploierait le canapé-lit, et, depuis son fauteuil, il contemplerait la fée endormie, car c’est certainement une fée … Pour lui plaire, il lui offrirait des rubans multicolores, monterait au sommet d’une échelle malgré ses huit tentacules, prendrait  une photographie pour leur salon puis lui attacherait au cou un foulard de la soie la plus sauvage … Hélas, il ne possède aucune clé afin de franchir cette fenêtre virtuelle qui les sépare… Et les larmes jaillissent de ses yeux, il pense à la chanson « un petit oiseau, un petit poisson s’aimaient d’amour tendre » et sombre dans un désespoir sans nom, lorsque tout à coup la jeune fille s’assoit au bord de l’eau, lui sourit et lui raconte cette rencontre entre son grand-père Robert et Paul le poulpe et de l’amitié qui en découla.

« Je savais qu’un jour vous viendriez afin de m’emporter au creux des flots, j’en rêve chaque nuit; les petits des hommes me paraissent tellement stupides» … Et elle ôta sa robe légère, se jeta au cœur des tentacules et ils s’enlacèrent tendrement … Des larmes de joie ruisselèrent sur ses jambes qui se transformèrent en queue … Une sirène naquit … En guise de clin d’œil, le soleil lançait ses derniers rayons lorsqu’ils disparurent dans l’Océan …Sur le sable, ne demeuraient plus qu’une robe fleurie et l’ «île mystérieuse» de Jules Verne.

Joëlle le 24.11.20.

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