A.E.D C n° 10 99,99km… de J. Hache

A.E.D C n° 10 99,99km … 100km, 100,099km, 101km …

« L’homme est la mesure de toutes choses » … Ainsi s’exprimait Protagoras, un philosophe grec du Vème siècle avant J.C.

Il existait en France, jusqu’à la Révolution de 1789, plus de sept cents unités de mesures différentes, qui empruntaient souvent à la morphologie humaine, tels le doigt, le pied, la coudée, le pas, la brasse, la toise ….

Quand, sous l’Ancien Régime, il fallait les multiplier, c’était encore plus « loufoque », tout était aléatoire, source d’erreurs, de fraudes …

Une mesure universelle s’imposait ! Condorcet en rêvait dès 1775 : un étalon universel qui servirait à tous, que la terre entière reconnaîtrait, donc fondée sur un phénomène naturel …

Le choix d’une division du méridien terrestre fut fait : accrochons-nous : » le METRE représenterait le dix millionième du quart du méridien terrestre, qui détermine la distance virtuelle entre pôle et équateur » !

Deux savants, dès 1789, furent chargés de mesurer exactement le méridien : Delambre et Méchain, des géodésiens, qui mirent sept années à parcourir le chemin de Dunkerque à Barcelone ; grâce à la triangulation découverte par Cassini, (cela s’apparente à de la trigonométrie me semble-t-il), ils mesurèrent exactement cette fameuse « ligne imaginaire » nommée méridien.

Je ne peux m’empêcher d’ouvrir une parenthèse dans ce cours de Géo/histoire/maths :

Le méridien terrestre a connu sa première mesure chez les Grecs de l’Antiquité, en la personne d’Eratosthène, celui qui dirigeait la Grande bibliothèque d’Alexandrie d’Egypte … Je vous épargne les détails, mais Eratosthène prouva la rotondité de la terre à l’aide d’un bâton, d’une ombre portée des rayons du soleil au solstice d’été au fond d’un puits, entre Alexandrie et Syène, et d’un chameau dont le pas est régulier, ce qui permet, si l’on compte les pas, de mesurer , en stades bien sûr, une distance exacte !

Il possédait donc la longueur du méridien terrestre voici 2300 ans environ !

Revenons à nos savants de 1789 à 1795, qui calculaient en prenant comme repères clochers, points culminants et autres objets qui se voient dans un paysage … Ils sont à l’origine du système métrique : du mètre, on put déduire le gramme, le litre … sur une base décimale… Adieu toutes les vieilles mesures ; l’unification de la France continuait, après les départements etc. …

Merci de nous avoir donné à tous les mêmes mesures : 100 kilomètres égalent 100 kilomètres où que l’on se trouve !

Pourquoi dé confine-t-on sur cent kilomètres ? Car, jusqu’à ce 11 mai 2020, nous n’en possédions qu’un, de kilomètre, petit cercle parcouru, couru, cheminé et parfois même dépassé … Lorsque j’outrepassais d’un mètre « ma » limite, je levais les bras au ciel, dansais, me sentais libre et en même temps surveillée … car le drone guettait !

Puis, sans coup férir, nous pouvons vagabonder sur une distance de cent kilomètres, sans être arraisonnés ! Et je me pose cette question innocente : pourrais-je marcher sur la limite de mon espace vital, en faire le tour, puis revenir à mon point de départ ? Quelle distance, en kilomètres, devrais-je parcourir ?

Pour cela remontons encore le cours de l’Histoire … La période hellénistique, Archimède, le gars de Syracuse, (celle que j’aurais tant aimé revoir, mais quand ? l’Italie fourmille de virus …) Je vous épargne certaines découvertes majeures de ce savant …

Archimède, contemporain d’ Eratosthène, est l’homme de la pression : « tout corps plongé dans un liquide reçoit … » Souvenez-vous, il a sauté de sa baignoire, est passé par la fenêtre, nu comme un ver, a crié «  EUREKA » … et son théorème est né.

Concernant « notre » cercle de 100 kilomètres de rayon, et donc de sa circonférence, c’est grâce à Archimède que l’on peut la calculer, cette circonférence !!! Car Archimède, c’est lui, qui prouva que «  » ( ) est égal à 3.14 …. :

R + R x 3.14= 100+100 x 3.14 = 628 km Youpi !

Mais ne nous réjouissons pas trop vite à l’idée de parcourir 628 km sac au dos et chaussures de marche aux pieds … Car, vivant près de l’Océan, celui qui en a fait rêver plus d’un depuis deux mois, nous tombons vite devant la grande étendue bleue … De plus, comme la plage nous est toujours interdite au 11 mai, nous ne pouvons faire cette balade que je nommerai « circum-pédestre », sauf à marcher sur les eaux comme un petit gars de Bethléem !

Imaginons donc quelqu’un qui vit au milieu d’une plaine ; il peut, physiquement faire le tour de son espace accordé par les autorités compétentes, quitte à traverser maisons, jardins et champs cultivés … soit 628 km de balade !

Par contre gare à celui qui dévierait de un mètre au-delà du cercle, car un couple de pandores caché derrière un tracteur sortirait le sifflet, le gyrophare et le carnet de contraventions !!!

Et si nous avions le droit de décoller, (vous vous souvenez de Nadar et son « petit ballon »), peut-être pourrions-nous bénéficier d’un espace de 100km de haut, sur une surface de πR2 X 100 soit 3 140 000 km3 … Là-haut, nous serions libres, pas le moindre « Papier Bitte » à l’horizon … Hélas le manque d’oxygène pourrait nous emporter, à moins que l’attrait du soleil, comme le jeune Icare ???


Posons-nous un dernier « problème », celui-ci concernant les choses de la vie, de l’amitié et de l’Amour en particulier :

Soit une amoureuse transie qui vit à 101 km + 100 km, soit 201 km de son cher et tendre … Ils auront beau se mettre sur la limite extrême de leur cercle, il leur manquera toujours 1 kilomètre afin de s’étreindre après 55 jours de confinement. Il faut leur souhaiter de fourmiller d’idées afin de pouvoir s’embrasser soit :

  1. Creuser chacun un tunnel de 1.050 km et se retrouver sous terre.
  2. Attendre une nuit sans lune et sans gendarmes, puis courir vers un « no man’s Land » …
  3. S’envoyer en l’air dans deux montgolfières qui se rapprochent, mais le risque de croiser un drone semble grand !

Espérons que quel que soit le cas de figure, ils auront eu la présence d’esprit de se séparer de ces petits objets rectangulaires issus de la technologie moderne (fil à la patte), sinon le moindre de leurs déplacements sera contrôlé.

D’autres personnes, les plus chanceuses, disposeront peut-être d’une figure géométrique de forme elliptique où ils pourront, en toute sécurité se retrouver (ceux qui vivent à 99km + 99km, soit 198 km de distance par exemple).

 

99.99km, 100,00km, 101km ou moins, pensons aux autres, sortons masqués, entrons dans les banques, dans la danse ou dans les bois noirs …

Joëlle 11.05.20

 

 

 

 

 

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