Poésies de Françoise Congar

 

L’arbre de mon jardin

 

 

 

 

L’arbre de mon jardin révèle ses mystères

Dans la froidure de l’hiver engourdi
Le châtaignier s’est endormi
Le printemps réveille l’arbre centenaire


Le vent dans les bois souffle un nouvel air
Le vert des feuilles commence une nouvelle vie
Dans l’entrelacs des rameaux pousse la lumière

L’arbre de mon jardin révèle ses mystères

L’ombrelle  des branches abrite un petit nid
Les coquilles crèmes se fendillent
Dans les petits becs, insectes et vers de terre
L’arbre de mon jardin révèle son mystère

 

 

J’ai descendu dans mon jardin

Elle ne descendra plus dans son jardin

Mars est à sa porte mais elle lui tourne le dos.

Elle a trop porté l’arrosoir et trop poussé la brouette

Elle a débosselé les taupinières et chassé les pigeons.

Elle a usé et abusé de ses genoux dans la terre

Elle a attendu en vain l’ondée bienfaitrice

Elle ne descendra plus dans son jardin

Les cisailles sont trop lourdes et les branches trop hautes.

Les salades sont rachitiques et les radis véreux.

Les fraises sont restées vertes et le merle a emporté les framboises.

Elle ne descendra plus dans son jardin.

Mais ce matin, le rayon de soleil traverse les branches nues de l’olivier et se pose sur les pages de son livre. Son regard dévie vers le jardin. Elle découvre le pastel de la primevère et les risettes des premières violettes, la rosée a tissé sur le camélia la toile de l’épeire. Rose pose son livre, saisit son sécateur, chausse ses sabots et descend dans son jardin.

 

Nous voulons des coquelicots

 

Il y aura d’autres printemps
D’autres turbulences et d’autres danses
Il y aura d’autres merles chantants
Sur les branches et en cadence.

Une petite fille aux yeux coquelicot pas encore née
Tresse les pâquerettes, diadème pour les cheveux
Virevolte sur la scène du monde ailé
Allume une à une les étoiles des cieux.

Il y aura d’autres rondes et d’autres bals

Des tutus de dentelle sous les houppiers
Un petit rat dans son justaucorps trop serré

Craquelant sa nouvelle mue de carnaval.

Il y aura d’autres bruits et d’autres cris
D’autres cœurs gravés dans l’écorce du chêne
D’autres amours, d’autres haines
Dans la sarabande de l’infini.

 

 

 

 

Françoise Mai 2020

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