Poésies d’Isabelle M

Ô Vert, mon univers, plus profond que la mer

Terre, mon mystère, plus fragile qu’un papillon
Dansons, mes amis, dansons
Sans nous préoccuper de l’effet de serre

Ni des abeilles qui se désespèrent
En cadence, mes amis, tournoyons
Puisque la vie est éphémère

Ô Vert, mon univers, plus profond que la mer

Arrosons, arrosons, tels des puits sans fond
Épuisons les ressources jusqu’à la pâmoison
Et nous ferons de la vie un enfer

Ô Vert, mon univers, plus profond que la mer

@ @ @

L’étoile palpite, elle est dans la lune.
Elle cherche son costume doré
pour la répétition du spectacle.
Monter sur scène ? Elle a le trac.
Mais c’est une graine de star,
elle a revêtu son tutu brillant
et fait des pointes pour paraître plus grande.
Elle y met tant d’ énergie
que son corps céleste semble s’étoffer.
Son habit se constelle de rubans pailletés,
elle cultive son image d’éclaireuse des songes.
Qu’elle aimerait gambader vers le soleil,
se réchauffer, d’un pas chassé
aux rayons que sème cet astre attachant !
Mais ses lentes arabesques sont immuables,
nulle cabriole, nul saut de biche ou entrechat
dans le cabaret du ciel,
juste une ronde infinie,
en attendant le ballet des étoiles filantes,
la grande fête du 11 mai 2020.

@ @ @

Chant de laitue

Après avoir poussé sous un soleil imprévisible
j’ai dansé sous le vent, parmi d’autres cultures.
Je rêve de feuilles de satin, croissant à toute allure,
Justaucorps élégant à la large échancrure.
Je m’étire mais, à l’opéra, je ferais pâle figure,
une montaison précoce serait un drame terrible.
Les limaces m’agacent, rongeant ma chevelure,
les escargots trépassent, mais je suis sans armure,
dans ce ballet de gastéropodes, je deviens invisible.
Le jardinier m’arrose et je suis invincible.
Me voici sur scène, au bal des salades vertes,
je me trémousse et mon coeur vibre, alerte.
Je chante avec mes voisins, tomates et radis,
dans ce potager breton, dans ce vert paradis.
Je ressens, de la terre, le frisson et le trouble.
Ma terre aime le kan ha diskan et Verdi,
ne la croyez pas endurcie, elle est tout sauf inerte.
La cueillaison venue, sa douleur redouble,
À l’heure de la dernière danse, elle pleurera ma perte.
Isabelle, le 6 mai 2020

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s