Poésies de Boum

L’échafaudage en bambou

L’échafaudage en bambou toujours grandit.

Car toujours plus haut, il faut grimper, pour leur échapper

et à toute force, à son armature s’accrocher

pour éviter de tomber dans leur sombre puits.

Répandre, pour qu’ils s’y piquent, des orties,

de la graisse étaler, pour y faire glisser leurs souliers.

L’échafaudage en bambou toujours grandit.

Exclure ceux qui veulent anéantir son expansive chorégraphie.

En bas, en vain, ils s’escriment à pousser et faire balancer,

de la dynamite même, ils ont apporté, pour le faire sauter.

Mais malgré toutes ses attaques, il s’épanouit.

L’échafaudage en bambou toujours grandit.

La foule du parquet

Une foule ondule, mer de chevelures gominées.

Il semble qu’elle glisse sur les flaques de sève d’un parquet vivant.

Ses pas collent, comme à de la terre boueuse.

Elle ratisse ce parquet.

Sur les bords du parquet, certains tombent dans des puits.

Ils ne cherchent même pas à s’accrocher à leurs parois rugueuses.

Nul ne grimpe pour en ressortir.

Et lorsqu’un individu disparaît, un autre bourgeonne du parquet.

Hors du sol, son corps émerge.

Un corps qui, bien vite, aux gestes des autres s’accorde.

Il se balance et sur sa face une noirceur se répand.

Ses souliers s’usent à force de mouvement.

L’organisation du ballet rythmé ne doit subir aucune entorse.

Celui qui rompt l’équilibre voit sur lui, les autres se défouler,

le frotter à l’ortie, lui infliger des coupures,

creuser son sillon vers un puit, finalement l’y pousser.

Vers de terre lamentables,

repérés par le drone rouge-gorge

qui les empale à l’aide de piquets en bambou,

drone qui patrouille et fait parfois pleuvoir une grêle de cailloux

projette des lassos de racine pour étrangler les prisonniers virevoltants.

Et ils tournent, tournent et ils sautent, sautent, tout en grâce et en souplesse.

Chaque jour la chorégraphie se reproduit identique à elle-même,

sans nulle acrobatie, plantation humaine qui pousse et qui régresse.

Boum

Un corps bien misérable

Un aromatique parfum acrobatique s’accroche à sa narine.

Bambous et bourgeons, qui se balancent, lui donnent la nausée.

Corps caillouteux et coupant, il creuse le sol de sa chorégraphie titubante.

Il se défoule.

Envahissant, il rompt l’équilibre naturel.

Une entorse contractée le fait gémir.

Sur les tôles gominées, où grimper gracieusement comme un lierre, il saute d’un geste.

En un mouvement, il se plante à un pas du puit et repousse le parquet qui en barre

l’ouverture.

Le rouge-gorge s’affole.

Alors que lui, avec un râteau, tire en rythme sur les racines.

La sève souple lui saute aux yeux et éclabousse ses souliers.

La tête lui tourne et la terre, sous ses pieds, se dérobe.

Il gît, sans mouvement, au milieu d’orties qui ondulent et de vers de terre virevoltants.

Boum

Virevolte virus !

Virevolte virus !

Il a rencontré le pas des humains.

Et ma foi, il leur tourne la tête !

Il fait sauter quelques coeurs, en passant.

L’opinion ne le trouve guère gracieux.

Il rythme ses journées.

La société semble bien impuissante.

Imaginer une nouvelle chorégraphie pour la vie, c’est bien dur.

Elle avance sur un parquet glissant.

A tâtons, elle avance, souliers aux pieds.

Elle est raide, nulle souplesse ne l’anime.

Ceux qui se défoulent ne sont pas visibles.

Ils tapent, dans l’ombre.

Elle est en équilibre dans l’attente de l’effondrement,

au bord du gouffre où la terre se délite et cède tout à coup.

Le virus lui a donné une entorse…

ou bien est-ce la crise du modèle économique mondial ?

En tout cas, il a beau dos, le virus !

Nous sommes en glissade, en dégringolade.

En attendant, la mer ondule, les feuillages printaniers aussi.

Les herbes folles envahissent les fossés.

Par quelles acrobaties pourrions-nous changer de société ?

Virus gominé en queue de pie,

que ne sais-tu agir sur nos âmes

pour nous ramener à la raison

et nous donner de bonnes solutions,

à nous Société, corps bête, sans mouvement ?

Boum

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