Le message de Catherine tombait à point nommé en cette fin d’année, c’était l’occasion de lire attentivement mes écrits en version papier. Je ne les avais plus regardés depuis leur envoi à notre groupe de confinés en ligne. J’allais devoir porter un regard sur celui que j’avais le plus aimé et lemoins aimé.J’ai relu mes textes, mais mon choix était déjà fait. Pourtant, plusieurs écrits auraient pu être, tour à tour, le moins aimé ou le préféré.J’ai oublié les hésitations et les doutes au moment de l’envoi pour le partage. J’ai tout de suite retrouvé le plaisir que j’avais eu en les écrivant et un certain amusement pour ces histoires imaginaires. J’ai remarqué, les faiblesses, les défauts que je ne corrigerais sans doute jamais et j’ai replongé dans l’ambiance du moment où je les avais composées. Ce premier choix avait une saveur particulière.L’héritage du passé était ma préférée, l’intrigue m’importait moins que la musique du phrasé.J’ai joué avec le dictionnaire des mots rares, dont la langue allait être le fil conducteur de l’histoire. Très vite je me suis laissée guider par les mots choisis, ou – qui m’ont choisie- au fur et à mesure de l’ordre chronologique.En balayant les pages du dico, je suis passée sur de nombreux termes qui ne m’évoquaient rien, quand tout à coup l’un d’entre eux pour sa sonorité ou parce qu’il me rappelait soudain des souvenirs, retenait mon attention. C’était comme une éclaircie dans un ciel nuageux.Peu à peu un vocable rigolo, sombre, inconnu, incompréhensible, imagé, donna vie à une histoire qui me divertit, tandis que je tentais de poursuivre une intrigue.Alors que je me perdais dans la dernière partie mais, que de nouvelles pistes émergeaient, j’ai décidé de chercher une liste de mots qui allaient convenir à mes idées.Cet exercice de jonglage où les mots servaient l’histoire fut un autre plaisir.L’héritage du passé, m’a emportée vers d’autres horizons hors du temps, où le confinement m’avait enfermée.J’y ai vu des erreurs, des phrases à clarifier, un personnage qui manquait de caractère une intrigue à revoir… Mais, ce n’est pas ce que j’ai retenu au moment de mon choix. J’ai simplement apprécié la manière dont ce langage imagé a construit une certaine intrigue.J’ai aimé écrire cette histoire qui m’a accompagnée plusieurs jours pendant lesquels je poursuivais les aventures prenant le risque de compliquer le message.L’autre raison particulière de ce choix, c’est que l’histoire a été écrite quelques jours après le dé confinement, le contexte était devenu plus serein, l’espoir renaissait, je n’ai pas évoqué la période qui venait de prendre fin, avec toutes ses questions sur l’avenir, les doutes et les angoisses qui

apparaissaient souvent dans les autres textes.C’était juste une histoire plus légère « Simple, claire, agréable à lire, qui coulent comme un ruisseau, sans retenue »(Dixit mon meilleur lecteur, Lanig, qui aime aussi le langage ancien !) avec ses failles,ses bons moments ses bonheurs et ses drames.Peu me chaut qu’elle ait bien des défauts, elle reste ma préférée.Le voyage de Gustave estcelle qui me plaît le moins, elle me laisse un goût d’inachevé pour plusieurs raisons toutes reliées finalement. C’est aussi une des premières histoires de l’atelier en ligne.Une histoire courte, trop courte et pourtant il y a bien un début un développement et une fin, mais cela me semble bien insuffisant. Je me souviens avoir eu peu d’imagination et je me suis contentée d’une aventure brève, qui manque de dynamisme et d’effet de surprises.J’ai introduit sans conviction quelques réflexions très ordinaires sur le monde et son évolution, sansapprofondir, comme des flashs…Le texte traduit le manque de liberté, je me suis évadée dans un voyage où Gustave largue les amarres pour d’autres horizons, mais il ne peut sortir de son enfermement, il veut fuir mais seul c’est impossible il revient à son point de départ.Gustave est seul face à son destin, aucun autre personnage ne l’accompagne ou ne l’attend.C’est une page d’aventure, un épisode de sa vie, sans vraiment d’intrigue, ni rebondissement, un personnage sans caractère qu’on a du mal à se représenter.Je ne ressens pas vraiment d’émotions ni d’attachement pour lui.La consigne plutôt philosophique me dérouta ne sachant comment l’aborder, je n’avais ni l’envie ni la tête à philosopher.Ce texte je l’ai écrit d’un seul jet après avoir choisi une photo de voilier voguant sur les flots, avec lamême spontanéité que lorsque nous nous retrouvions autour d’une table. Je n’en ai pas changé une seule ligne.Plusieurs points mériteraient un développement :Le personnage de Gustave pourrait être décrit de manière plus approfondie, sur son physique, son comportement, sa vie – un portrait qui donne envie de le connaître -Au fond, l’aventure de Gustave en mer n’est pas une fin ni un début.Qu’est- ce qui l’a amené à partir seul, quel est son passé ?Qui était ses amis ? Il ne regardera plus le monde de la même maniéré, que va t’il faire à son retour, quelles aventures l’attendent ?Pour cette histoire aussi, l’environnement a de l’importance, nous étions au début des mesures sanitaires strictes. Le texte révèle le bien être en famille, mais surtout les inquiétudes du moment :L’enfermement, la solitude, la peur aussi de disparaître ou de ne plus voir ses proches.

Il me rappelle avec tristesse cette période. Pourtant il a rempli son office, en exprimant les émotions que je ressentais, sans s’épancher.Le contexte du confinement revenait invariablement dans la plupart des histoires, j’ai plusieurs fois supprimé les situations que j’avais mises en scène, que je trouvais angoissante, afin qu’elles n’apparaissent plus qu’en filigramme, pour moi qui connaissait le cheminement de mon écriture.Pour les histoires suivantes, l’atelier d’écriture évoluait, il y avait un partage écrit et non plus uniquement oral avec mes compagnes et compagnon de l’atelier, mais aussi la possibilité de publier les textes sur le site qui pourrait être lu par d’autres. Ceci a sensiblement changé mon approche et m’a amenée à essayer de soigner mon texte avec plus ou moins d’aboutissement. J’ai apprécié aussi ce temps plus long pour écrire, imaginer, ajouter des péripéties, poursuivre les aventures, créer de nouveaux personnages, prenant le risque de compliquer un récit qui m’accompagnait plusieurs jours, juste pour le plaisir d’écrire.Grâce à Catherine et mes compagnes et compagnon de route que j’ai lu avec bonheur, j’ai découvert d’autres approches, d’autres manières de voir si différentes et qui m’ont séduite. J’ai ri, souri, j’ai été épatée, étonnée, admirative.Je crois, je suis sûr ! Que les liens que nous avons entretenus, par nos textes, nos messages, ont enrichi ma propre écriture et soutienne mon besoin d’écrire.

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